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Blog de Marie-Michel

Le Carmel de Marie Vierge Missionnaire ou la contemplation missionnaire

Le Carmel de Marie Vierge Missionnaire ou la contemplation missionnaire

 

 

 

 

 

Article de presse pour Joanna Szubstarska,

journaliste polonaise

 

Cette communauté nouvelle a été fondée en France par les Pères Marie-Michel et Marie-Van en 1997 dans la Drôme et reconnue comme Association privée de fidèles par les deux derniers Evêques du Diocèse de Valence. Le début de sa Règle présente ainsi son Charisme en Eglise : «Né de la miséricorde du Père, notre petit Carmel de la Vierge Missionnaire reçoit un appel à suivre le Christ avec Marie à travers une vie communautaire semi-érémitique et missionnaire … le Carmel est « tout marial » et notre appel est de vivre à chaque instant du mystère du Cœur de Marie (Lc 2,19) pour devenir vierge et missionnaire dans l’Amour miséricordieux».

La Règle de vie et nos nouvelles Constitutions expriment le Charisme des frères et sœurs de la communauté religieuse mais aussi celui de la  » communion Sarepta » : une branche laïque qui regroupe familles et célibataires consacrés.

Dans sa Règle, la Vierge Missionnaire se réfère à cinq visages majeurs : Saint Elie, le prophète, Sainte Thérèse de Lisieux et Marcel Van, Bienheureuse Elisabeth de la Trinité et Saint Jean-Paul II.

 

1° question : Le Charisme de votre communauté s’enracine dans la solitude et la

communion. Comment parvenir à la vigilance de Marie ?

Au début de notre Règle, il y a l’affirmation  » source  » de la foi chrétienne :

« Au commencement est la joie de se savoir aimé …»

(Lc 1,28)

« La joie de Marie vient d’un Regard éternel sur sa pauvreté …»

(Lc 1,48)

Tel est la joie de Marie à l’Annonciation où elle découvre cette Bonne Nouvelle de l’Amour qui nous aime toujours le premier. C’est de cette  » Source  » ultime que jaillit l’appel au silence et à la solitude pour contempler ce « Dieu plus grand que notre cœur  » et qui sait tout de nous en sa tendresse (1 Jn 3,20). C’est à travers l’expérience de ce Regard miséricordieux du Christ sur nos pauvretés que se fortifie en nous la certitude de la foi. La véritable vigilance du cœur vient d’une découverte : Dieu est Amour et il l’exprime à chaque instant par son Regard posé sur l’homme. Comme l’écrit Sainte Thérèse d’Avila : « Il a supporté de vous mille péchés … et cela n’a pas suffit à détourner son Regard ». Son Regard est un appel silencieux au cœur de nos vies.

Cette révélation de Dieu si attentif à chacun crée en nous une solidarité de prière et d’amour avec toute l’humanité. Notre Règle l’affirme : «En l’Annonciation, la contemplation devient mission car c’est le début de la réponse définitive par laquelle Dieu fait homme va au devant de l’angoisse du cœur humain … Tendre à brûler d’un amour qui rejoint mystérieusement le mon entier est ton premier idéal … Telle est la contemplation missionnaire de Thérèse et Van». (Règle n°8 et 51)

Ainsi, veiller, c’est vivre sous le Regard de Jésus et attendre sa Venue dans la constance, la pauvreté et l’amour solidaire. Mais rester fidèle implique la durée : la patience est la profondeur de l’amour. Et à la Vierge Missionnaire, nous voulons vivre cette vigilance évangélique et eschatologique (Lc 21,36) à travers le Cœur de Marie (Lc 2,19). Chaque samedi, après la Messe de la Vierge, nous nous consacrons tous à Elle, notre Mère, par une prière qui se termine ainsi : « O Marie, fais-nous vivre à chaque instant du mystère de ton Cœur … Nous voulons avec toi demeurer en l’Amour ».

 

 

2° question : Marie découvre le secret de la vie contemplative-active.

Comment se réalise dans votre communauté

l’équilibre entre l’activité et la prière ?

Notre Charisme puise son identité dans la Règle et la spiritualité du Carmel. Voilà pourquoi le prophète Elie, Père et inspirateur du Carmel, est pour nous un visage majeur. Nous voulons le suivre sur la voie de l’alternance désert-annonce, contemplation-mission, comme nous y invite notre Règle : « Enfant du Carmel, tu es appelé à vivre comme Elisée du double esprit prophétique d’Elie (2 R 20,1-15). A travers une vie contemplative semi-érémitique et des temps ponctuels d’annonce du Dieu vivant, tu suivras les traces du prophète selon les appels de l’Esprit ».

Mais on voit que l’alternance élianique fait la part belle au silence et à la solitude : à travers sa vie habituelle au Mont Carmel ou les temps fort au torrent de Kérit et à l’Horeb, Elie se présente d’abord à nous comme un contemplatif. Et c’est son expérience de Dieu au désert qui rend prophétique sa parole car elle actualise la Présence de Dieu (1 R 17,1). En ce sens, nous sommes convaincus à la Vierge missionnaire de la primauté contemplative dans notre style de vie. Elle permet plus de paix et de recul pour ne pas se laisser envahir par la fièvre de l’activisme et du stress si propre à notre civilisation contemporaine. Dans la perspective chrétienne, l’activité doit incarner la vision de l’Amour.

Cependant, trouver un authentique équilibre entre prière, travail, vie fraternelle et mission est un choix à toujours refaire pour tous les baptisés. Ces dernières années, nous avons pris la décision (encouragée par notre Evêque) de vivre plus régulièrement des temps de  » Kérit communautaires  » : une semaine de désert en solitude. Cela nous a beaucoup fortifié pour stabiliser la relation entre contemplation et communion. Mais c’est par-dessus tout en suivant Marie sur le chemin de l’Annonciation et de la Visitation que nous trouvons notre unité en son Cœur : « Contempler le mystère du Verbe fait chair dans le sein de Marie sera pour toi la source d’un incessant renouvellement intérieur dans cet appel à devenir en Marie, vierge et missionnaire » (Règle n°4).

 

3° question : Marie porte Dieu aux autres …

Comment imiter Marie dans l’évangélisation ?

La réponse est vraiment dans le mystère de la Visitation couronné par le Magnificat. Ce dernier révèle le Cœur intime de la Mère de Dieu (Lc 1,39-55). C’est en regardant Marie visitant Elisabeth que nous comprenons l’essence de la mission : une démarche irrésistible soulevée par l’Amour qu’elle porte … et qui la porte ! Je veux citer ici un des plus beaux textes de notre Règle : « Le Verbe éternel commence sa mission sur terre en se laissant porter au monde par sa Mère. Suivant les traces de Marie à travers les montagnes de Judée, regarde-la passer si belle, si calme, si majestueuse, si recueillie au-dedans avec le Verbe de Dieu. Contemple en Elle la splendeur d’un élan missionnaire soulevé par l’Amour caché en son sein. Dans le mystère de la Visitation, reçois cet appel à une mission contemplative selon le Cœur de Marie : porter Jésus au monde en gardant les yeux fixés sur Lui » (n°10).

Ce regard sur Marie à la Visitation rejoint l’intuition majeure de Saint Jean-Paul II sur l’évangélisation. Dans son Encyclique  » Redemptoris missio « , il écrit :  » L’avenir de la mission dépend en grande partie de la contemplation … Le missionnaire doit être un contemplatif en action … Le missionnaire, s’il n’est pas contemplatif, ne peut annoncer le Christ d’une manière crédible ; il est témoin de l’expérience de Dieu et doit pouvoir dire comme les Apôtres :  » Ce que nous avons contemplé … le Verbe de vie … nous vous l’annonçons !  » (1 Jn 1,1-3). En effet, si nous gardons avec Marie les yeux de la foi fixés sur Jésus que nous annonçons, alors comme l’affirme le psaume :  » Qui regarde vers lui resplendira  » (Ps 33,6) et nous évangéliserons par contagion de lumière, d’amour et de joie comme le chante Marie en son Magnificat !

 

4° question : Comme communauté nouvelle, le Carmel de Marie Vierge Missionnaire

propose de nouvelles formes pour suivre le Christ. Lesquelles ?

 

Tout d’abord, notre communauté d’inspiration carmélitaine est à situer dans ce que l’Eglise appelle plus récemment :  » Les nouvelles formes de vie consacrée « . Il y a déjà eu à Rome deux grands rassemblements où nous étions avec de nombreuses jeunes fondations du monde entier. Cela fut l’occasion d’échanges, de veillées de prière, de formation avec l’aide de Cardinaux, d’Evêques et de théologiens. Une des caractéristiques toutes de ces jeunes communautés est de s’inspirer de l’une ou l’autre des grandes traditions spirituelles : Franciscaine, Dominicaine, Bénédictine, Carmélitaine, Ignatienne… En répondant à votre question sur les formes nouvelles de notre communauté, il ne faudra donc pas perdre de vue que beaucoup d’autres, chacune selon son charisme, vivent aussi ce renouveau dans l’Eglise d’aujourd’hui. Car c’est en retournant aux sources et en relevant les défis de notre temps que l’on peut devenir « signe lumineux » pour le monde actuel. Telle est l’intuition majeure de Vatican II dés le début de « Lumen gentium » : « Le Christ est la lumière des peuples : réuni dans l’Esprit-Saint, le Saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes créatures la bonne nouvelle de l’Evangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Eglise … »

Je ne peux être ici exhaustif dans le cadre d’un interview … Voici donc quelques dimensions dont certaines sont plus novatrices et d’autres plus traditionnelles mais comme rajeunies par l’œuvre de l’Esprit :

 

1 – La dimension contemplative première : Une des dimension primordiale de notre communauté est la vie contemplative puisqu’elle est semi-érémitique : cela implique une vie de silence à travers la fidélité à un rythme communautaire où l’on est habituellement « ensemble » (Offices au chœur, repas, récréations, travail …) mais aussi en « solitude », ermitage ou cellule, chaque lundi et samedi et durant les « Kerits » : désert d’une semaine.

La journée commence par une approche originale qui est le cœur spirituel de la Vierge missionnaire : une heure de « lectio mariale oraison ». C’est-à-dire repasser la Parole en nos cœurs avec Marie (Lc 2,19) en répétant un verset de l’Evangile du jour et en le priant avec les deux premiers mystères joyeux du Rosaire. Notre Règle est éloquente sur le sujet : « A l’aurore de chaque jour, tourne-toi vers « l’Etoile du matin » … Méditant la Parole à travers son Cœur silencieux, tu la garderas précieusement tout au long de la journée … Marie sait l’Evangile par cœur. Dans la lectio mariale accueille le chemin original par lequel l’Esprit te fait entrer dans l’oraison silencieuse … » (Règle n°29) Et cette manière mariale d’accueillir la Parole qui nourrit la prière du cœur se vit pour nous partout : au désert, en communauté ou en mission …

Dans la dimension contemplative, il faut souligner le soin apporté à la beauté de la liturgie et également cet appel reçu de Marie à prier quotidiennement le « Saint Rosaire » en communauté. L’adoration du Saint Sacrement se vit les Jeudi et Dimanche.

 

2 – Une vie d’alternance désert-mission : A l’imitation du prophète Elie, nous passons directement de la solitude à l’annonce du Dieu vivant. Cette alternance élianique est pour nous un appel très fort car elle favorise l’aspect prophétique de la mission : à savoir, une parole qui vient du silence, une annonce qui renvoie à une Présence … d’où l’importance pour nous de vivre l’évangélisation par la prière : dans un lycée ou une paroisse, face à des jeunes ou des adultes, nous invitons toujours à des temps de silence pour que chacun puisse toucher la merveilleuse Présence du Christ vivant.

Ici aussi, notre Règle nous engage : « L’Esprit qui, dans le silence du cœur, te révèle le Visage du sauveur, te le révélera alors sur le visage de l’homme en attente de salut … Laisse l’Esprit te saisir en Eglise pour devenir un sacrement de la Présence de Dieu. En Marie, Vierge Missionnaire, tu es appelé à une mission contemplative … Alors, tu seras le contemplatif et le témoin des œuvres de Dieu au présent ». (Règle n°51-53)

 

 

 

3 – La mixité en communauté sous le manteau de Marie : Dés le début de la Fondation, la Providence a conduit les événements vers la vie commune hommes-femmes en lieux séparés mais partageant jour après jour la liturgie, la prière, le réfectoire, les temps de liesses fraternelles, les missions … tout en ayant régulièrement des temps séparés entre frères et sœurs. La vie de mixité doit favoriser la juste altérité et non des comportements fusionnels. Cela est vrai pour toute communauté de vie et implique une vigilance du cœur… mais au fil du temps, nous découvrons la grâce de la complémentarité homme-femme dans le dessein du Dieu-créateur à travers le cadre d’une vie consacrée.

Nous sommes conscients qu’une forte vie mariale avec, en particulier, le Rosaire quotidien rend possible ce choix qui peut paraître audacieux. Mais la Vierge veille sur ses enfants et les enveloppe de sa tendresse sous son manteau. Et en ces temps où l’idéologie du « gender » plonge la société dans la confusion des identités et l’interchangeabilité humaine sans limites ; une vie consacrée qui témoigne d’une relation vierge et respectueuse entre hommes et femmes apparaît précieuse : « Vécue avec justesse, elle est source d’équilibre et d’émerveillement réciproque. Elle glorifie Dieu dans sa création et imite la première communauté du Sauveur (Lc 8,1-3) … En la tendresse de Marie, nous serons peu à peu virginisés dans l’Amour ». (Règle n°48)

 

4 – Une famille mariale qui manifeste la richesse baptismale : La Vierge Missionnaire, c’est une communauté de vie religieuse mais c’est aussi la communion laïque « Sarepta » qui regroupe en son sein des familles (Marie-Nazareth) et des célibataires consacrés (Marie-Béthanie) qui vivent au cœur du monde. Tous ensemble, nous formons « une seule famille » pour épanouir notre grâce baptismale selon nos vocations respectives à travers ce « un seul cœur avec Marie » (Ac 1,14) dans la prière et la vie fraternelle :

« Ecouter Marie et nous aimer les uns les autres : tel est en raccourci notre vocation. Nous sommes une famille née de son Cœur et Elle est cette colonne de nuée et de feu (Ex 13,21-22) qui nous guide fidèlement vers le Royaume de Dieu à travers nuits et déserts. Plus nous écouterons la Mère, plus nous serons unis en son Cœur. Elle est entre nous le lien de la paix … Consacrés, familles, célibataires, prêtres, dans la beauté unique de chaque vocation, nous sommes appelés en Marie, Vierge Missionnaire, à former un seul corps et un seul cœur dans l’Esprit. Devenir famille et communion à l’image de la Trinité Sainte et de la Sainte Famille est notre mission-phare pour révéler au monde la miséricorde du Père … »

(Règle n°48-50)

 

5 – Une proximité avec le monde par l’intercession, l’accueil et l’écoute : Une autre caractéristique de la Vierge missionnaire est cette « proximité » avec le monde actuel à travers ses conquêtes et ses avancées mais aussi ses drames et ses terribles menaces. Chaque jour nous arrivent par le Net ou le téléphone tant d’intentions qui sont souvent des cris de détresse … nous avons un cahier des urgences pour confier tout cela au Seigneur et à sa Mère : notre première mission sur la montagne est de tendre les mains dans l’intercession … A travers l’accueil à la communauté se vit aussi une proximité dans la liturgie et les repas festifs qui permettent une relation directe dans l’écoute mutuelle et la joie du partage. Cela a aidé des jeunes ou des adultes à faire un pas décisif dans la foi …

Ainsi, « l’accueil est une des grandes dimensions de notre mission en Eglise dans l’esprit de dialogue qui caractérise le Concile Vatican II. On veillera à la qualité de la relation dès le premier contact en manifestant la joie paisible d’accueillir et le soin à apporter dans tous les détails matériels. A travers chaque personne qui vient à nous, nous verrons dans la foi la présence mystérieuse de Jésus qui nous envoie ses enfants avec confiance … »

(Régle n°89).

 

Au terme de cet interview, je laisserai la parole à Saint Jean-Paul II qui ,dans sa splendide Exhortation « Vita consecrata », écrivait prophétiquement : « L’éternelle jeunesse de l’Eglise continue à se manifester aujourd’hui encore … Après Vatican II, on a vu apparaître des formes de vie consacrées nouvelles ou renouvelées … Elles sont un don de l’Esprit pour que l’Eglise suive son Seigneur dans un élan permanent de générosité, attentive aux appels de Dieu qui s’expriment à travers les signes des temps ! »

 

 

Père Marie-Michel

Cofondateur de l’Ecole internationale « Jeunesse-Lumière »

Fondateur du Carmel de Marie Vierge Missionnaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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