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Blog de Marie-Michel

Touche pas à mon Pape ! Eléments de discernement pour la fin des temps …

 Article pour la Revue mariale « l’Appel du Ciel », Avril 2014

 

       Cet article m’a été demandé pour aider au discernement face à des messages ou prophéties récentes sur le monde actuel mais qui visent aussi plus spécialement le Saint Père. Alors je dis avec force :  » Touche pas à mon Pape !  » A la suite du Bienheureux Jean-Paul II et de l’humble Benoît XVI, le Pape François est comme eux un merveilleux don de Dieu que le Christ fait à son Eglise en cette fin des temps. Car il me semble qu’il y a un lien mystérieux entre ces trois derniers papes. L’Esprit Saint vient nous éclairer à travers eux en fonction des défis que doit relever l’Eglise de ce temps. Dans le grand combat eschatologique qui s’accélère, ces trois derniers papes, tous si liés à l’ère Fatima, nous sont donnés comme des bergers providentiels pour traverser la grande épreuve qui nous mènera à la civilisation de l’amour. Et dans divers rassemblements ces derniers mois, j’ai partagé une intuition qui peut nous aider à mieux cerner  » quel est le désir de l’Esprit  » (Rm 8,27) pour l’Eglise d’aujourd’hui. Sans bien sur forcer le trait, Il me semble que les trois derniers papes témoignent et incarnent en quelque sorte les trois vertus théologales.  A travers leur personnalité unique, leur enseignement théologique et leur style pastoral émerge un visage théologal qui marque plus particulièrement leur pontificat et leur mission : Quand je pense à Jean-Paul II, c’est le rayonnement inouï du  » visage de l’espérance  » qui prédomine : après le pontificat douloureux du merveilleux Paul VI, le pape polonais est venu comme libérer les forces vives de l’Eglise à travers la jeunesse et nous a lancé sur les chemins de la nouvelle évangélisation. Il nous redonné l’espérance … Quand je pense à Benoît XVI, c’est l’humble et lumineux  » visage de la foi  » qui prédomine : vivant de l’héritage de Jean-Paul II, ce merveilleux théologien nous a recentré sur la richesse du contenu de la foi.  En passant le relais en pleine année de la foi, il a posé un acte d’humilité qui a bouleversé tout le monde. Il nous a enraciné dans la profondeur de la foi … Et quand je vois le Pape François, je vois l’incandescence du   » visage de l’amour  » :  comme le Bon Pasteur, il est prêt à tout pour aller chercher la brebis perdue et c’est pourquoi à travers ses gestes et sa parole, il nous bouscule. Il ne fait que commencer à nous entraîner sur les chemins déroutants de la miséricorde …

Ouvrons donc les yeux de la foi et méfions-nous des faux prophètes  et de ceux qui les suivent et relaient leurs messages mensongers et déstabilisants sur le Pape actuel. Il n’est bien sur pas question ici d’attitude partisane en étant  » pour ou contre  » vis-à-vis de telle ou telle révélation privée car le jugement définitif appartient en dernier lieu à l’Eglise à travers nos Evêques… Il est simplement question ici de tenter un discernement en vue de préserver et fortifier le plus grand trésor de nos vies : la joie de la foi ! … Car comme le dit avec force notre Pape François au début de sa récente et splendide exhortation :  » La joie de l’Evangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus … Avec Jésus-Christ la joie naît et renaît toujours ! … et même au milieu des pires soucis, il faut permettre à la joie de la foi de commencer à s’éveiller, comme une confiance secrète et ferme  » (n° 1 et 6). Or cette joie et cette paix de la foi sont mises à mal chez certains fidèles qui accueillent sans discernement des messages ou des prophéties qui viennent briser leur confiance dans leur lien vital avec l’Eglise. A la lumière de la Parole de Dieu et de la tradition, il semble urgent de réagir pour contribuer à la paix des cœurs.

Rappelons d’abord avec le Catéchisme de l’Eglise catholique que  » les révélation privées n’appartiennent pas au dépôt de la foi. Leur rôle n’est pas d’  » améliorer  » ou de  » compléter  » la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement … Guidé par le Magistère de l’Eglise, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui dans ces révélations constitue un appel authentique du Christ ou de ses saints à l’Eglise  » (n° 67). Et en ce domaine, le principe-phare de Saint Paul nous invite à une attitude de foi ouverte et responsable :  » N’éteignez pas l’Esprit, ne dépréciez pas le don de prophétie, mais examinez tout : retenez ce qui est bon et gardez-vous de tout espèce de mal  » (1 Th 5,19-22). Et dans le texte grec original, cette dernière expression est plus forte encore :   » De tout espèce de mal, tenez-vous à l’écart « . Saint Jean dira aussi :  » Celui qui fait la vérité vient à la lumière … » (Jn 3,21). Nous voilà donc prévenus en tant que baptisés : on ne peut accueillir naïvement telle parole ou prophéties de voyants ou messagers sans exercer un discernement que la foi en Eglise réclame. Le discernement fait partie de la dimension prudentielle de la lumière de la foi à partir du moment où Satan peut  » se déguiser en ange de lumière  » (I Co 11,13-14). Or discerner, c’est séparer, distinguer,  (du grec diakrino) pour faire le tri entre ce qui est vrai ou faux. Cela fait partie de notre grâce baptismale car selon l’apôtre bien-aimé, le chrétien a reçu du Saint Esprit  » l’onction  » qui lui permet d’exercer un jugement dans la lumière de la foi (1 Jn 2,20.27). C’est ce que fait l’Eglise dans son approche des révélations privées : Elle garde d’abord un certain recul en lançant une enquête pour exercer un discernement en vue du bien de tous. Le baptisé doit faire de même ! … Et ici, les repères que donne Saint Paul sur les charismes sont très précieux pour discerner. On peut s’en servir pour vérifier les annonces d’un messager ou d’un voyant au sens chrétien :

– Tout d’abord, le vrai témoin est humble et il se soumet plus à l’autorité ecclésiale qu’à ses révélations, même si elle viennent de Dieu (1 Co 14,26.32.37-38) :  » Dieu n’est pas un Dieu de désordre mais de paix !  » (1 Co 14,33). Jésus disait au petit Van d’obéir à son Père spirituel plutôt qu’à lui.

– Un autre critère paulinien signale que le vrai témoin n’est pas uniquement dans la  » prédiction  » d’événements mais  » il édifie, exhorte, réconforte  » (1 Co 14,3). Et j’ajouterai que sa parole, même si elle peut annoncer des choses difficiles, se fait toujours l’écho de la tendresse de Dieu et porte donc un fruit de paix qui ouvre les cœurs à l’espérance …

– Un autre critère décisif est l’orthodoxie du contenu annoncé par le témoin. Il ne doit pas être en contradiction avec la foi et la vie de l’Eglise mais renvoyer à la vérité de l’Evangile à travers l’oeuvre de l’Esprit (1 Co 12,4-11). Le vrai prophète ne saurait rendre captif une portion du Peuple de Dieu en persistant à donner des messages qui insinue le doute et la division dans les coeurs. Au contraire, le vrai témoin reste humble et se laisse vérifier. La charité unifie, l’orgueil divise.  » L’humilité, c’est la vérité  » dit Sainte Thérèse d’Avila.

– Enfin, l’Evangile attire souvent notre attention sur un point décisif :  » Chaque arbre se reconnaît à son propre fruit  » (Lc 6,44). Ailleurs, le Seigneur met en garde contre les faux prophètes et il revient sur cet aspect capital du discernement :  » C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez  » (Lc 7,20). Ainsi donc, il est évident qu’un certain temps est nécessaire pour vérifier si les fruits sont bons ou mauvais. La précipitation à croire tel ou tel message écarte tout discernement et ouvre la porte au trouble et au jugement. J’aime ici l’approche évangélique de Sulema dans  » l’Appel du Ciel  » de décembre 2013 :  » Trop de personnes catholiques ont dit qu’après Benoît XVI viendrait l’Antéchrist. Mais cela n’est pas exact. Déjà, à Garabandal, Marie avait dit qu’il y aurait 3 Papes et qu’ensuite viendrait la fin des temps. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aurait plus de Papes après ces 3 Papes ou que ces Papes ne seraient pas bons. Quand le Pape François a été élu, Jésus m’a dit :  » Prie pour lui et regarde les fruits « . Après cette élection, j’ai entendu des catholiques dire beaucoup de bêtises et de choses affreuses. Non. Nous devons prier et observer les fruits. Cette parole du Seigneur est d’une grande sagesse.  »

Tout cela implique évidemment la patience. On dirait que certains messagers et ceux qui les écoutent sont marqués par notre civilisation du  » tout, tout se suite « . Ils annoncent régulièrement que certains événements ou bouleversements vont arriver sans tarder… mais ils oublient qu’en ce domaine, il n’y a pas de certitude absolue et que la Providence divine nous échappe en ses desseins mystérieux :  » Mes voies ne sont pas vos voies, dit le Seigneur  » (Is 55,8). N’oublions jamais que  Dieu amour  » veut que tous les hommes soient sauvés  » (1 Tt 2,4). Il ne renoncera pas à son projet d’amour et sa miséricorde n’a pas fini de nous surprendre ! Ceux qui se lassent d’attendre se laissent souvent entraîner dans des scénarios catastrophistes dangereux ou la peur prend le pas sur l’espérance, ou le jugement évacue la miséricorde. Cela me fait penser aux Pères de l’Eglise qui voyaient dans le péché originel un péché d’impatience… Les premiers chrétiens vivaient dans l’imminence du retour de Jésus en demeurant dans la paix et la joie : ils étaient d’abord  » occupés  » à préparer leurs cœurs dans la prière et le service selon la recommandation du Seigneur (Lc 21,36), mais Ils n’étaient pas sans cesse  » préoccupés  » à vouloir trop dater les événements prédits par le Sauveur. Examinons nos cœurs pour voir s’ils sont libres et occupés de l’essentiel de la foi au lieu d’être suspendus anxieusement aux dernières révélations. En effet, si des messages soi-disant d’origine divine ne sont pas source de paix et ne fortifient pas l’espérance mais qu’ils laissent le cœur dans l’inquiétude. S’ils prennent la place en mon coeur de l’intimité avec la Parole de Dieu. S’ils suscitent plus en moi la curiosité de savoir que l’appel bouleversant à la conversion comme à La Salette, Lourdes ou Fatima. S’ils ne nous rendent pas plus fervents dans la prière et attentionnés aux pauvres. S’ils ne suscitent pas un amour renouvelé pour l’Eglise … alors, ils sont dangereux pour ma foi et il faut les écarter. En nos temps perturbés, la consommation de messages privés peut devenir une véritable drogue si l’on devient plus un internaute curieux et fiévreux qu’un croyant paisible et  lumineux. On ne peut être à la traîne d’une tendance de la culture actuelle qui cherche à se faire peur à travers des scénarios catastrophes. De tous temps, L’apocalypse païenne se vent bien. Des films récents  comme » 2012  » ou  » world war  » en témoignent.

Certes, je ne veux surtout pas nier ici que nous vivons dans une époque redoutable et ce que j’appelle bien souvent  » une accélération de la fin des temps  » : le grand combat entre la lumière et les ténèbres s’active plus que jamais ! Et si notre civilisation démocratique et technique a donné plus de bien être et de liberté, elle a aussi engendré des inégalités scandaleuses et la tyrannie d’un matérialisme déshumanisant parce qu’il piétine la vie :  » un monde sans Dieu se construit tôt ou tard contre l’homme  » prophétisait le Bienheureux Jean-Paul II. Et il a eu cet autre regard prophétique qui doit rester pour nous une référence majeure par rapport à  » la  » tentation contemporaine qui bat son plein aujourd’hui :  » L’esprit du mensonge essaie de faire croire aux hommes de notre époque qu’ils sont  » comme de dieux « , en dehors du bien et du mal (Gn 3,15); que le péché n’existe pas ; tandis que la réalité du péché et du mal assaille, comme jamais auparavant, donnant la preuve de son existence par des menaces d’une dimension jamais connues jusqu’ici  » (21 août 1984). En ce sens, le chapitre 12 du livre de l’apocalypse est d’une telle actualité ! Il commence avec le signe lumineux de la Femme fragile qui est à la fois Marie et l’Eglise. Face à elle,  un autre signe, monstrueux celui-là : le dragon homicide. Et si, depuis deux siècles, les apparitions de Marie se multiplient, c’est que nous entrons dans une phase finale de l’histoire du salut. Dans ses visitations de tendresse, la Mère de l’Eglise se fait de plus en plus pressante pour que l’humanité ne sombre pas dans l’abîme … C’est sans doute pour cela qu’en ses apparitions aux enfants de Fatima, Marie a fait de la prévention maternelle en faisant voir aux enfants les âmes qui tombaient en enfer. Sa tendresse lui a fait faire aussi de la prévention prophétique : En effet, en 1917, la première guerre mondiale se termine et Marie demande la récitation quotidienne du chapelet pour en éviter une seconde plus terrible … On n’a apparemment pas écouté car la seconde guerre mondiale éclatera avec ses millions de morts et ses horreurs allant jusqu’à la shoa. Et si Marie continue à visiter la terre comme jamais, c’est qu’une guerre sans précédent et tous azimuts fait rage aujourd’hui où se joue rien de moins que l’avenir de l’humanité…

Pourtant, face à ce déluge de boue qui pénètre partout et provoque trop souvent, par l’omniprésence des médias, une mondialisation du péché … il y a ce que Le Cardinal Philippe Barbarin appelle  » l’irrationalité de la Miséricorde  » qui démultiplie par des voies secrètes les contre feux de la patience, de la tendresse et de l’amour. Le précieux sang de Jésus continue à couler pour nous pécheurs. Dans la lumière de l’Esprit, notre Mère a vu ce mystère se déployer dans le temps et elle a exulté :  » Sa miséricorde s’étend d’age en age sur ceux qui le craignent !  » (Lc 1,50). Et craindre dans la foi, c’est se réfugier sur le Cœur de Dieu comme un enfant fragile dans les bras de sa mère (Ps 130,2). Bon Berger, le Christ Notre Seigneur fera tout pour attirer les hommes sur les pâturages de la miséricorde et de l’enfance du cœur … Là, ils seront libérés de cet endurcissement qui oppose à Dieu et aliène la vie. Voilà pourquoi le Pape François nous invite aujourd’hui à  » aller aux périphéries  » : il sait mieux que personne les enjeux planétaires des évolutions actuelles et donc l’urgence de porter ce message de la Miséricorde  » pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l’ombre de la mort  » (Lc 1,79). Alors en ce temps si urgent de l’extrême miséricorde, il est insupportable que des soi-disant messages divins s’attaquent à notre Pape François en le présentant comme un suppôt de l’Antéchrist (il y avait d’ailleurs eu le même genre de messages à l’élection de Benoît XVI). Il est encore plus intolérable que des chrétiens se laissent influencer par ces messages mensongers et tombent dans la critique et la suspicion systématiques. On en vient à juger sans preuves tel évêque ou tel prêtre en perdant peu à peu la confiance en l’Eglise. Cela est grave car c’est renoncer à croire en l’œuvre de l’Esprit à travers son Eglise ici et maintenant. C’est oublier les promesses de Jésus sur le ministère de Pierre (Mt 16,13-19) et de ses successeurs Comment alors peut-on alors vivre les sacrements en portants de tels griefs en son cœur ?  Comment peut-on être en paix quand on condamne sans appel ? on n’est plus ici sur la bonne terre de l’Evangile.

Face à l’immense tsunami des ténèbres, la tentation est de ne voir partout que le mal et de devenir ainsi des relais de l’ennemi. Il faut se souvenir que nous sommes de la race d’Abraham qui crut,  » espérant contre toute espérance  » (Rm 4,18). Suivons les traces de la petite Thérèse qui chantait son espérance au cœur de la nuit  » en s’asseyant à la table des pécheurs « .  Et dans son admirable Encyclique  » Dieu riche en miséricorde « , Jean-Paul II affirme que face au mystère du mal aujourd’hui,  » l’Eglise a le droit et le devoir de faire appel au Dieu de la miséricorde  » avec de grands cris  » (He 5,7). Ces  » grands cris « , écrit-il, doivent caractériser l’Eglise de notre temps  » (n° 15). Nous sommes dans un temps d’urgence et  » le salut est maintenant plus près de nous qu’au temps où nous avons cru. La nuit est avancée. La jour est arrivé…. revêtons les armes de lumière !  » (Rm 13,11-12). Mobilisons-nous plus que jamais dans la puissante prière du Rosaire comme nous y encourage sœur Lucie de Fatima :  » Depuis que la Très Sainte Vierge a donné une grande efficacité au chapelet, il n’y a pas de problème matériel ou spirituel, national ou international qui ne puisse être résolu par le chapelet et nos sacrifices « . Celui qui prie de tout son cœur tient le gouvernail du monde. Alors, ne perdons plus de temps et accueillons la grâce de ce temps où Dieu bénit comme jamais ceux et celles qui continuent à croire en la miséricorde pour tous !… Le 13 octobre 2013, devant la statue de Fatima, notre Pape François a consacré le monde au Cœur Immaculé de Marie et dans son exhortation il nous invite à la regarder pour vivre  » la révolution de la tendresse  » … Et le 13 mai 2010 à Fatima, Benoît XVI concluait ainsi son admirable homélie :  » Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait. Puissent ces sept années qui nous séparent du Centenaire des apparitions hâter le triomphe du Cœur Immaculé de Marie à la gloire de la Sainte Trinité  »

 

Père Marie-Michel

Revue mariale  » l’Appel du Ciel « , Avril 2014

 

 

 

 

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